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Salon Premium Sourcing 2026, ce qu'on a vu, ce qu'on n'a pas vu

Premium Sourcing 2026 : 1 516 visiteurs, 113 exposants, un marché qui se resserre. Ce que le bilan dit vraiment, et ce qu'il ne dit pas, pour un acheteur B2B.

Sommaire

Premium Sourcing a tenu sa 16e édition les 2 et 3 septembre 2026 au Carrousel du Louvre, à Paris. Le bilan publié par l’organisateur annonce 1 516 visiteurs venus de 779 sociétés, face à 113 exposants.

Pris seul, le chiffre ne dit pas grand-chose. Mis à côté des deux éditions précédentes, il raconte une histoire assez nette. Et elle ne se trouve pas dans le communiqué.

Trois éditions, une pente

Remettons les chiffres dans l’ordre. En septembre 2024, le salon accueillait 1 803 visiteurs de 1 012 sociétés, pour 132 exposants. En septembre 2025, eppi Magazine relevait 1 618 visiteurs de 831 sociétés, pour 136 exposants. Cette année : 1 516 visiteurs, 779 sociétés, 113 exposants.

Sur deux ans, le visitorat recule de 16 %. Le nombre de sociétés représentées, lui, fond de 23 %. Côté exposants, la chute se concentre sur la dernière année : 23 stands de moins entre 2025 et 2026, soit environ 17 %.

Faut-il paniquer ? Non. Un petit calcul nuance le tableau. Il y avait 13,4 visiteurs par exposant cette année, contre 11,9 en 2025. Pour ceux qui ont payé un stand, la densité de passage s’est donc plutôt améliorée. Moins de monde dans les allées, mais moins de concurrents pour capter ce monde. Pour un exposant qui calcule son coût par contact sur un stand, ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

Sauf que ça ne change rien au fond. Le marché de l’objet média se resserre, et ça se voit désormais dans les allées. C!mag parlait déjà en 2025 d’un « marché dans le dur mais résilient ». Un an plus tard, le « dans le dur » pèse un peu plus lourd que le « résilient ».

Ce qu’on a vu : un salon de professionnels pour professionnels

Le profil des visiteurs n’a presque pas bougé. 79 % de distributeurs et revendeurs d’objets et de textile, 11 % de marqueurs et imprimeurs petit format, 9 % d’agences de communication. 75 % se déclarent décideurs. 91 % sont français, et l’Île-de-France pèse 53 % de ce visitorat français (contre 48 % l’an dernier, ce qui dit quelque chose du coût d’un déplacement à Paris pour un revendeur de province).

Le chiffre qui m’a le plus frappée est ailleurs. Sur la répartition d’activité des visiteurs, seuls 5,9 % font 100 % d’objet publicitaire. 88 % mélangent objet et textile, dans des proportions variables. Le revendeur qui ne vend que du stylo et du mug a pratiquement disparu du paysage. C’est cohérent avec ce qu’on avait observé au CTCO de Lyon en février, où le textile avait pris le pouvoir sur les stands.

Le programme de conférences, publié en amont par C!mag, confirme les obsessions du moment. Six sessions en deux jours :

  • une table ronde sur la montée en gamme de l’objet média (Youpwe, PromoTool, Deltabrands) ;
  • deux formations express à l’IA pour les revendeurs ;
  • un retour d’expérience sur Clé’OBJET, le calculateur carbone porté par la 2FPCO ;
  • une méthode pour passer du brief client flou au bon objet ;
  • un débat au titre franchement honnête, « L’objet média peut-il encore surprendre ? ».

Ce dernier intitulé, je le trouve révélateur. Une filière qui se demande publiquement si elle sait encore créer du désir, c’est une filière qui a compris que le volume ne reviendra pas tout seul.

Mon avis sur la montée en gamme

La « premiumisation », tout le monde en parle. Design, utilité, personnalisation, storytelling. Sur le papier, je suis d’accord : moins d’objets, mieux choisis, gardés plus longtemps. C’est ce que je défends depuis des années face aux commandes de 3 000 stylos jetables.

Mais soyons lucides. Quand le nombre d’acheteurs baisse, monter en gamme, c’est aussi la manière la plus élégante de maintenir le chiffre d’affaires avec moins de commandes. Ce n’est pas un reproche. C’est de l’arithmétique. Pour vous, côté annonceur, la conséquence est simple : attendez-vous à ce que votre distributeur vous pousse vers des références à 15 ou 25 € là où vous aviez l’habitude de payer 4 €. Parfois il aura raison. Parfois non. Le seul arbitre, c’est l’usage réel de l’objet par celui qui le reçoit, pas le catalogue.

Ce qu’on n’a pas vu

Premier absent, et de taille : l’annonceur. Additionnez les trois catégories de visiteurs, vous arrivez à 99 % de gens du métier. Premium Sourcing n’a jamais prétendu être un salon grand public ou un salon d’acheteurs finaux, soyons justes. Mais ça veut dire une chose pour vous, responsable marketing de PME : les tendances affichées au Carrousel sont celles que votre fournisseur va vous présenter dans les six semaines. Pas celles que vos clients ont demandées.

Deuxième absent : les prix. Le bilan publié ne donne aucune indication sur l’évolution des tarifs, des délais ou des volumes commandés. Je n’ai pas trouvé non plus de chiffre récent et public sur le poids de la fin d’année dans l’activité, en dehors d’une estimation relayée par C!mag avant le salon (« environ 40 % du chiffre d’affaires annuel du secteur »). C’est énorme, et ça justifie à lui seul de boucler son sourcing de fin d’année dès septembre. Mais j’aurais aimé une donnée consolidée.

Troisième absent : l’IA côté client. Deux sessions sur l’IA, toutes deux pour aider le revendeur à gagner du temps sur ses devis et ses réponses. Rien sur ce que l’IA change pour l’annonceur qui brief. Un peu dommage, parce que c’est là que les briefs vont évoluer le plus vite.

Dernier point, plus discret. La prochaine édition aura lieu les 15 et 16 septembre 2027, et l’organisateur précise qu’elle « n’aura plus lieu la semaine de la rentrée ». Avec 57 % des visites concentrées sur le mercredi, j’y lis l’aveu qu’un salon calé début septembre se télescopait avec la reprise des agendas. Bonne décision, à mon sens.

Ce que je retiens pour un acheteur B2B

Donc, concrètement, que faire de tout ça si vous achetez des goodies ou des cadeaux d’affaires ?

Demandez à votre distributeur ce qu’il a repéré au salon, et surtout ce qu’il a écarté. Un revendeur qui revient de Premium Sourcing avec trois nouveautés triées vaut plus qu’un catalogue de 400 pages.

Posez la question du bilan carbone. Clé’OBJET existe, la 2FPCO le porte, des revendeurs l’utilisent déjà. Si le vôtre ne sait pas de quoi vous parlez, c’est une information utile. Pour le cadre réglementaire autour de l’objet responsable, j’ai détaillé les points qui comptent dans RSE et objet publicitaire, les contraintes 2026.

Et méfiez-vous du réflexe premium par défaut. Un objet à 20 € mal ciblé reste un objet mal ciblé, juste plus cher.

Ce qu’on surveille

Trois choses d’ici 2027. Un, la courbe des exposants : si elle descend encore d’un cran, la concentration du marché dont on parlait au CTCO sera actée. Deux, l’adoption réelle de Clé’OBJET au-delà des retours d’expérience en table ronde. Trois, l’effet du changement de date sur la fréquentation, avec 115 exposants déjà annoncés sur le site du salon pour septembre 2027.

Rendez-vous l’an prochain pour comparer. Avec les chiffres, comme toujours.

Caroline, rédaction Syprocaf

Vingt ans en marketing opérationnel B2B, côté annonceur puis côté agence en communication par l'objet. Aujourd'hui consultante indépendante.